
Hier soir, à la charmante et accueillante librairie Le port de tête, nous lancions Lacrymos. Qu’est-ce qui fait pleurer les anarchistes ? de Francis Dupuis-Déri.
Nous avons d’abord pris le temps de boire quelques verres de vin en compagnie d’amiEs venuEs pour l’occasion. Éric, le libraire-entrepreneur nous a généreusement fait visiter le local d’à côté qui permettra bientôt d’agrandir la librairie ; nous imaginions avec lui le bel espace bientôt créé, un oasis de littératures agrandi, au milieu de la rue Mont-Royal.
Puis est venu le temps de célébrer ce livre, la démarche, les mots.

Valérie, notre éditrice enthousiaste, a dit toute son admiration pour le travail de Francis Dupuis-Déri, et son immense plaisir d’avoir pu publier ce livre chez Écosociété. Avoir soulevé cette question-là, Avez-vous déjà pleuré pour des raisons politiques ?, était un pari audacieux, risqué et si séduisant. Nous avons reçu ce livre comme un cadeau dit-elle, tant la démarche était intéressante et inusitée. En effet, pourquoi toujours séparer émotion et politique ? Comme le dit si bien Francis Dupuis-Déri :
On dira ainsi souvent que l’émotion nuit à la raison, la perturbe, la trouble ; à l’inverse, que la raison vient neutraliser les émotions. Quelques sociologues et politologues qui se sont penchés sur la place qu’occupent les émotions en politique sont arrivés à une tout autre conclusion : l’émotion et la raison vont de paire, participant ensemble à la construction de la pensée et de la volonté politiques.
Avant que Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri ne démarrent leur lecture, Francis nous dit qu’un tel livre est né aussi de la volonté de faire connaître davantage le mouvement anarchiste, en sortant de la représentation d’une émotion de violence, comme le véhicule trop souvent les médias.
Si vous avez manqué cette lecture, voici les textes qui ont été lus hier soir et quelques jolies photos de Louise-Andrée.
Marie-Anne
Montréal, mars 2004
Je pleure quand il y a une situation injuste entre mon amoureux et moi, ou un moment d’incompréhension. Je pleure parce que je suis triste. Parce que j’ai mal. Mais aussi par rage devant l’autre qui ne comprend pas et ne voit pas l’évidence. Quand tu pleures devant l’autre, l’incompréhension s’épaissit parce que l’autre ne veut pas faire face à ses émotions. Il te dit : « Ah ! Tu es trop émotive ! Tu pleures chaque fois que l’on parle… » Eh ! Oui. Ce n’est pas la fin du monde. Mais toi, tu ne pleures pas. J’ai envie de le brasser et qu’il y ait quelque chose qui en sorte. Je lui disais : « Tu ne penses pas que cela ne m’enrage pas, moi, de te voir là, devant moi, tellement calme. » C’est si chiant, quand tu es bouleversée par des émotions intenses, mais que l’autre reste calme et qu’il te dit – en plus ! – de te calmer. Laisse-moi mes émotions !
Parfois, je me disais : « Calme-toi et attendons ! » Parfois, je me dis que je ne suis pas assez forte. Mais ce n’est pas vrai : je suis simplement épuisée, écoeurée d’essayer de changer la situation et, surtout, d’être toute seule à essayer… Et je suis dégoûtée, en plus, qu’on insinue que c’est moi qui crée le problème. J’ai commencé à montrer de moins en moins mes sentiments. Il faut que je me protège. Alors, je crée une distance, je suis plus froide. Je me contrôle. Mais quand tu te contrôles, tu te coupes d’autres sentiments. Tout le reste change. Je ne suis pas capable de compartimenter. Je réagis de façon plus froide à propos de tout. Je me distancie de mon amoureux, je rentre dans ma bulle, mais rien n’est réglé.
Tu essaies de lui faire réaliser qu’il y a quelque chose qui se passe, qu’il y a une injustice. Mais l’autre ne la voit pas. Il dit qu’il t’aime ; il devrait donc être solidaire envers toi, mais il ne l’est pas. Être anarchiste, c’est une lutte contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir illégitimes. C’est un idéal de société, mais aussi de rapports interpersonnels, fondés sur l’aide mutuelle, la solidarité, la dignité et le respect. Pas seulement après la « révolution », mais aussi dans nos vies, dès maintenant. Beaucoup de militants anarchistes ont de la difficulté à appliquer leurs beaux principes dans les rapports interpersonnels. Tout à coup, ils ne sont pas capables de gérer une situation ensemble.
J’ai déjà vu des hommes anarchistes pleurer pour des raisons politiques ou personnelles, mais je les compte sur les doigts d’une main. C’est très certainement mal vu de pleurer dans le milieu militant. Il y a d’ailleurs un malaise dans la société en général face aux pleurs, mais plus encore – je crois – dans le milieu militant. Pour moi, cela me semble logique de pleurer parfois, pour des raisons politiques : parce que mon implication politique doit venir des tripes.

Yann
Strasbourg, mai 2003
J’ai pleuré en voyant des choses à la télévision ou au quotidien, la vie des gens, la misère. Ça m’est déjà arrivé de m’autoriser un restaurant, parce que je me fais bien exploiter et j’ai le droit de profiter des luxes bourgeois. Tu sors du restaurant avec tout ce que tu es, tout ce que tu as bien bouffé et là, tu croises deux gars sur le trottoir qui vont y dormir, avec seulement un bout de pain. Parfois, j’ai du mal. Je ne sais pas si c’est ma conscience qui m’interpelle, ou seulement ma conscience politique. Je ne culpabilise pas, mais cela me dégoûte du monde où je vis et, parfois, les larmes montent. C’est comme une soupape de décompression. Cela fait parfois du bien de pleurer ; cela me rappelle que je suis humain.
Mais à Gênes, contre le sommet du G8, en 2001, je crois bien que c’était la première fois que je pleurais pour des raisons politiques… Seulement de tristesse, et la colère qui vient après : c’était cela, Gênes.
J’étais parti avec un copain qui n’avait jamais participé à une manifestation, alors j’ai bien pris soin de lui : nous étions toujours ensemble. On remontait une rue, à deux ou trois cents mètres des barricades qu’on avait tenues avec plein de gens pendant quelques heures. On avait participé à tous les affrontements à droite, à gauche, en arrière… En remontant sur la rue, le silence s’est fait de plus en plus lourd, présent.
C’était curieux, mais il y a eu tant de moments surréalistes à Gênes. Par exemple, quand je suis monté sur un mur pour me rouler un joint et me poser au soleil. J’ai eu l’impression que le temps s’arrêtait, après des heures de lacrymogènes et de gens en contact avec des boucliers. Mais là, soudainement, il y avait seulement un hélicoptère qui passait au-dessus de ma tête, dans le ciel bleu. C’était surréaliste. Toi, tu es dans une bulle de calme ; autour de toi, c’est la guerre.
Pour moi, Gênes, c’était la guerre. Tout était surdimensionné et digne d’une superproduction américaine.
On remontait, donc, dans le silence, dans un quartier où il y avait eu des charges de véhicules blindés directement sur la manifestation, et où le cortège avait été complètement disloqué. Dès le matin de la manifestation du vendredi, en moins d’un quart d’heure, ce que l’on a appelé le Black bloc n’existait plus : ce n’était plus que des blocs épars, des gens qui étaient là et se défendaient face à la police. Quand tu es dedans, que tu es lancé, tu les rejoins aux barricades, tu en construis avec des gens parce que la police te charge, te tire dessus.
Il s’était passé tant de choses pendant cette journée. On avait eu un instant de victoire, un moment assez impressionnant. Évidemment, tous les commerces étaient fermés, même placardés, et on ne bouffait depuis des jours que des pommes et de l’eau offertes par le chanteur Manu Chao, ou de la bouffe préparée par des copains anarchistes du squat Pinelli, qui a subi une très dure répression après Gênes : répression policière, attaque par des fascistes à coups de cocktails Molotov. On était alors un petit groupe de cinq cents ou mille personnes et nous nous déplacions de façon assez mobile. On venait de subir des charges de la police et on s’est déplacé vers un quartier résidentiel. Dans une ville où tout est fermé, soudain, devant nous, apparaît un supermarché.
Les grillages sautent, les vitrines éclatent. Le supermarché est pillé. Pendant le pillage, on entend des coups de feu dans une rue perpendiculaire. Les carabiniers étaient arrivés. Trois ou quatre camionnettes avec, dans chacune d’elles, une vingtaine d’hommes qui nous canardaient à coup de balles en caoutchouc. Moment de panique. Comme d’habitude, des gens commencent à courir. Et là, plein de gens lèvent le bras et crient : « Pas de panique, pas de panique, on y retourne ! » Les manifestants sont revenus et ont chargé les policiers. Tout ce qui nous tombait sous la main leur volait dessus. Les policiers remontent tous dans leurs véhicules pour fuir la vague des manifestants, mais le moteur de la deuxième camionnette s’étouffe. Et là, les manifestants tombent sur la camionnette. Ça part en lynchage : les portes sont arrachées. Les types n’avaient plus de portières, ils n’avaient que leurs boucliers à la place des portières. On tapait à coups de panneaux… Ils arrivent à se dégager, parce qu’on n’est pas des barbares, on n’allait pas les tuer.
C’était quelques heures avant l’assassinat du manifestant Carlo Giuliani. Je pense que si la séquence avait été inversée, cela se serait passé différemment.
Bon. Alors on remontait la rue silencieuse, quelques heures après cet événement. On remontait, on remontait devant cette putain de chapelle ; il y avait un grand silence. Puis un barrage de carabiniers qui ne bougent pas sur la place. Et on croise un journaliste en pleurs : un Américain effondré. Le stéréotype du journaliste avec tout le barda. En pleurs. Il me croise et me dit seulement : « Ils l’ont tué. » Et un peu plus loin, devant la chapelle, on voit une place avec des gens qui se recueillent en cercle. À dix mètres, une rangée de carabiniers.
Tu arrives sur les lieux et tu vois une immense flaque de sang. Un truc de fou. Le type s’est vidé de son sang.
Tu as vécu les affrontements quelques minutes auparavant. Tu as vu la violence. Et là, il n’y a pas de bruit, personne ne crie. C’est une bulle, c’est surréaliste. Les gens sont en colère, mais ils ne hurlent plus. C’est blindé de carabiniers partout. Les gens ont mis des fleurs et se recueillent auprès d’une sorte d’autel improvisé. Tu restes là, tout con, et tu demandes ce qu’il se passe. Les gens nous expliquent : une course groupée et une voiture de policiers, bloquée face à un muret. Un manifestant avait brandi un extincteur ; un policier, à l’arrière du véhicule, a pointé son arme de poing et a tiré, directement dans la tête.
Tu te retournes et tu vois les assassins, à dix mètres. Et tu te dis : « Ça aurait pu être moi. » Le gars avait vingt-trois ans, ton âge à quelques années près. Et tu te dis : « Ça aurait pu être moi. » Tout cela te passe vite dans la tête. Là, franchement, les larmes viennent.
Parfois on dit : « Les faits pour l’histoire, les détails pour la légende… » Un type est arrivé avec un masque blanc, des lunettes de plongée pour se protéger des lacrymos, torse nu, des pantalons déchirés et une paire de baskets. Il se place face aux policiers et tient au bout d’un bras une veste de carabinier, prise pendant la manifestation. Tout seul ; il balance la veste devant les carabiniers, balance de l’essence dessus et allume le truc. Surréaliste. Ça crée un moment d’émotion.
Mais je n’ai pas fondu en larmes. Je l’ai fait au retour, quand j’ai franchi la frontière. Je me suis lâché, d’abord d’une manière agressive.
À Gênes, on était rentré au campement en fin de journée. Pas un mot. Pour partir de Gênes, c’était dur quand tu n’étais pas trop organisé. Il y avait des rues où tu te faisais chopper par les flics si tu étais manifestant. Ils te défonçaient la tête. Les gens cherchaient donc à partir. Et rien n’était plus compliqué que d’essayer de partir. Le copain avec qui j’étais est parvenu à prendre plus tôt un bus pour Marseille. Moi, je croise des Français et je les suis, en pensant que je trouverai bien un bus qui rentre en France. Je tombe sur des bus affrétés par ATTAC et la Ligue communiste révolutionnaire, les trotskystes. On y fait le tri entre bons et mauvais manifestants. « Les anars, on n’en veut pas dans le bus ! » Ils nous sortent des excuses, nous parlent d’assurance… Pendant que des gens se font lyncher, les sociaux-démocrates te sortent qu’ils ne peuvent pas te transporter pour des problèmes d’assurance ! Je me suis éloigné parce que j’allais craquer : après tout ce qu’on a pris dans la gueule, les types te sortent une histoire d’assurance…
J’avais un foulard rouge et noir. Je l’ai enlevé pour pouvoir accéder à ces bus. Je n’ai rien dit jusqu’à la frontière. Les discussions passaient, des commentaires du genre : « C’est la faute des casseurs », suivis par : « Tu te rends compte, Carlo, ils l’ont tué… » Ils en parlaient comme d’un martyr, mais en condamnant tous les gens avec qui il avait lutté. Passé la frontière, on en est presque venu aux mains. Je suis descendu du bus à la première station, et je me suis démerdé.
Quand je suis rentré chez moi, je changeais de trottoir en croisant des flics, parce que j’avais la trouille. Je suis allé dans un camping dans le sud de la France. Pendant quatre jours, je ne suis pas sorti de ma tente. J’étais incapable de communiquer. J’étais en décalage avec les gens de mon quartier, mes voisins. J’avais vu la guerre, les hélicoptères… Des flics se saisir d’un manifestant, lui placer la tête sur un banc en ciment pendant qu’un autre flic lui mettait un gros coup de botte. Il n’y avait que du sang qui giclait. Tu es là, tout à côté, et tu ne peux rien faire. Des scènes de fou : une fille qui hurle et tient son copain qui saigne et qui est sans connaissance ; un carabinier arrive et assène des coups à la fille… Tant de scènes comme cela. Quand tu reviens chez toi, la fracture est dure.
Mais c’est bien plus tard que l’événement m’a fait craquer, quand j’ai revu des images. C’était un soir où je ne m’y attendais pas du tout. Je suis tombé sur un documentaire sur Gênes à la télévision.
Ça m’a renvoyé là-bas ; j’ai fondu en larmes.
Audrey
Montréal, février 2006
Au début de mon adolescence, alors que j’avais quatorze ans, j’ai vécu un amour lesbien, un amour que je considère politique. Nous avions toutes les deux vécu un viol, et nous avions donc beaucoup de haine contre les hommes. Nous ne voulions pas avoir de rapport sexuel avec aucun d’entre eux. Nous partagions une conscience politique, une conscience féministe en raison de ce passé commun. Notre relation a duré deux ans, mais c’était déjà une amie de longue date. Tout le monde l’a su à l’école que je fréquentais. Nos amies ont commencé à prendre leur distance lorsqu’elles ont réalisé que nous n’étions plus de simples amies. Mes amies ne me faisaient plus la bise quand elle me voyaient. Les gars de notre entourage ont tout aussi mal réagi.
Il y a eu à cette époque une manifestation à Montréal contre Human Life International, un réseau de catholiques ultra-orthodoxes opposés au droit des femmes à l’avortement. Il en venait de partout d’Amérique du Nord, et je suis allée à la manifestation avec ma copine. Une clôture avait été disposée pour permettre aux gens de sortir de la basilique Notre-Dame sans être incommodés par la manifestation. Pour plus de sûreté, les policiers ont lancé des grenades lacrymogènes contre la manifestation pour nous disperser avant même que les gens ne sortent de la basilique. J’ai entendu dire que c’était la première fois que les flics lançaient des lacrymos à Montréal. Ma haine contre la police a encore augmenté après cet événement.
Le chemin menant de la basilique à l’hôtel où logeaient les participants à la conférence était protégé par des flics. Les catholiques sont sortis avec une croix illuminée qui ressemblait fort au symbole du Ku Klux Klan. J’avais quatorze ans, mais je savais tout de même ce que c’était. D’autres sont sortis ensuite avec de grandes chandelles, comme lors des défilés de troupes nazies sous Hitler. J’étais sous le choc, survoltée.
Le lendemain, une manifestation avait été appelée par une association de gays et lesbiennes. Une petite manifestation devant l’hôtel où dormaient les membres de Human Life International, un hôtel de luxe pour gens très riches. Les organisatrices et organisateurs de la manifestation nous ont demandé de nous embrasser, pour le plaisir de les provoquer. J’étais avec ma copine et une autre amie. Nous n’avons fait que nous embrasser… Le lendemain, lorsque je suis arrivée à l’école, tout le monde m’a dit : « Quoi ? Tu es pour la légalisation des lesbiennes ! » On m’avait vue au journal télévisée. Pendant des mois, je me suis fait interpeller au sujet du lesbianisme.
C’était d’autant plus lourd comme ambiance que ma copine était maniaco-dépressive et qu’elle était difficile à suivre. Elle se dénigrait lorsqu’elle était en phase dépressive, ce qui arrivait assez fréquemment. Pour rehausser son estime de soi, elle s’habillait en fille trop sexy, aguichante. Elle portait alors des perruques blondes et des faux ongles, et même sa tenue d’allure plutôt punk était hyper- sexualisée. Même si on parlait encore ensemble de féminisme et de nos expériences dures avec des hommes, elle recherchait le regard des hommes. Elle avait même commencé à travailler comme escorte. Je l’ai appris par d’autres, parce qu’elle ne me l’avait pas dit. Le bon côté, c’est que nous avions tout à coup beaucoup d’argent ! Mais j’ai trouvé cela difficile à accepter, elle qui détestait les hommes, qui s’était fait violée mais qui recherchait… quoi ? Je l’ai confrontée et elle m’a simplement répondu : « Oui, c’est bête, mais je cherche l’amour, je cherche le bonheur. »
Ensuite, j’ai connu le mouvement des travailleuses du sexe qui défendent leur dignité et leurs droits. Au début, je ne pouvais pas m’empêcher de revoir l’image de ma copine qui se détruisait en adoptant une attitude hyper-sexualisée, quand j’entendais leur discours au sujet du respect et de la dignité des travailleuses du sexe. Aujourd’hui, je respecte ce que font les travailleuses du sexe, mais il reste difficile pour moi de ne pas associer leur discours à la théorie du « power girl ». Le « power girl », c’est les Spice girls, ces musiciennes sexy et très populaires auprès des jeunes filles et qui leur expliquaient que les filles doivent utiliser le pouvoir de séduction pour s’affirmer dans la société. Cette forme d’affirmation est très dangereuse, parce qu’elle dépend toujours du regard de l’autre, de ce que l’autre veut de toi. J’ai pleuré souvent en voyant une fille que j’aimais perdre son identité et se détruire en jouant du prétendu pouvoir de la « super sexualité ».

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